Pierre
Péron (1905-1988)
Pierre
René Emile Marie Péron (né à Brest le 5 octobre 1905, mort à Brest le
27 mars 1988 ), illustrateur, décorateur, peintre, graveur, sculpteur,
caricaturiste, maquettiste, cinéaste, écrivain français.
Elève des écoles des Beaux Arts de Brest puis de Nantes.
Professeur de dessin aux Ecoles de la Ville de Paris à partir de 1933.
Membre des Seiz Breur à partir de 1935.
Créateur de bijoux
KELT pour la maison Rivière à partir de 1936.
Décoration du Pavillon breton à l'Exposition internationale de 1937.
Captivité en Autriche de 1940 à 1942.
Nommé peintre agréé du Département de la Marine en 1942.
Nommé peintre titulaire de la Marine en 1960.
Conservateur du
Musée Naval de Brest à partir de 1972.
Citation : "L'art
est synonyme de recherche. Je n'aime pas les routes droites. Je leur
préfère les petits chemins qui me conduisent, en musardant, vers une
même destination. Pour réaliser mon œuvre, j'ai utilisé des techniques
diverses, avec différentes tendances, je peux dire que mon expression
est un éventail aux mille plis. Je suis ainsi.
C'est
mon tempérament. Au risque de déconcerter les critiques je saute du coq
à l'âne avec joie. Dispersion me direz vous ! Peut être, mais aussi je
veux croire Pierre Jakez Hélias quand il écrit :
"L'étonnant
de tout cela, c'est qu'à travers de multiples facettes non point
successives, mais instantanées, non point rivales mais complémentaires,
il demeure une impression d'unité qui vient tout simplement du fait que
l'artiste qui est derrière ne cesse de se vérifier lui-même à travers
ses apparentes dispersions."
René-Yves Creston
(1898-1964)
René-Yves Creston est le pseudonyme de René Pierre
Joseph Creston, artiste
plasticien, ethnologue et résistant né le 25 octobre 1898
à Saint-Nazaire et mort à Étables-sur-Merle 30 mai 1964.
Après
des études à Ancenis et à Saint-Nazaire où il apprend très tôt le
breton, il suit les cours de l'École des Beaux-Arts de Nantes, puis de
Paris, pour se former aux techniques de la peinture.
En 1923, il est l'un des
fondateurs avec Jeanne Malivel et avec son épouse Suzanne Creston, de
l'Unvaniezh Seiz Breur
(en br. Union des Sept frères) qui va réunir quelques dizaines
d'artistes bretons voulant créer pour le plus grand renom de la
Bretagne.
Plusieurs d'entre eux, dont Creston décorent des salles du
Pavillon de la Bretagne à l'exposition des Arts décoratifs de Paris en
1925. Creston et Malivel y montrent des décors pour des meubles de
bois. Après la mort de Jeanne Malivel en 1926, il devient le véritable
coordinateur du mouvement Seiz Breur jusqu'à la fin en 1944.
En
1927, en collaboration avec le jeune sculpteur Jules-Charles Le Bozec
(1898-1973) , encore élève aux Beaux-Arts, il dessine les costumes de
trois pièces de théâtre : « Ar C'hornandoned » (Les Korrigans) des
abbés Job Le Bayonet Yann-Vari Perrot, « Tog Jani » (Le chapeau de
Jeanne) d'Yves Le Moal, et « Lina » de Roparz Hemon, dont la première
représentation eut lieu en janvier 1927.
Il écrit dans Breiz
atao
et aide à la parution des revues d'art Kornog (Occident) et Keltia. Il
passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à l’huile, travaille pour
les faïenciers, puis devient sculpteur. On lui doit une sculpture de
Nominoë. Il illustre le livre Kan da Gornog de Youenn Drezenn, pour
lequel il invente une nouvelle typographie.
Ethnologue
En
1929, il fait une campagne de pêche à la morue depuis Fécamp dans les
parages de la Norvège, du Spitzberg et de l'Islande, ce qui l'amène à
se tourner vers l'ethnologie, tout en gardant ses activités d'artiste
engagé. Il contribuera au titre d'ethnologue à la conservation du
patrimoine breton. En 1931, il participe à la décoration de la salle de
la Marine marchande, lors de l'Exposition coloniale de Paris. En 1933,
il embarque pour une croisière scientifique avec le commandant
Jean-Baptiste Charcot sur le "Pourquoi pas ?" en tant que peintre. En
1936, il devient peintre de la Marine et entre au Musée de l'Homme à
Paris où il dirige le département de l'Arctique.
La Seconde Guerre
mondiale
Un nationaliste breton dans la Résistance
Il
milite dans l'un des premiers réseaux de la résistance, le dit réseau
du Musée de l'Homme. Il joue un rôle important, comme l’évoque
l’historien américain Martin Blumenson, en accomplissant "une mission
de première importance. Il effectua trois voyages en Bretagne pour
tenter d’établir des communications faciles avec l’Angleterre. Il
recruta des sympathisants parmi ses connaissances. Mieux encore, il mit
sur pied à Saint-Nazaire même un petit groupe (en lien avec le futur
groupe Liberté, constitué de jeunes résistants nationalistes bretons,
issu du PNB, et d'André Batillat , membre des Seizh Breur) chargé
d’établir et de lui faire passer des plans détaillés des installations
portuaires et de la base sous-marine que les Allemands avaient
aménagées pour leur propre usage, en particulier des écluses commandant
l’accès du bassin intérieur qui étaient vulnérables aux bombardements
anglais."
En février 1941, Creston est arrêté à la suite d’une
dénonciation et gardé quatre mois à la prison du Cherche-Midi à Paris.
Libéré en libéré en mai ou juin 1941, il est astreint à résidence à
Rennes avec l’ordre de ne plus se rendre à Paris. Surveillé, il cesse,
semble-t-il, tout activité de résistance. Mais il a fait son travail.
Plusieurs exemplaires des plans de Saint-Nazaire avaient trouvé le
chemin de l’Angleterre.
Il contribue en effet à préparer
l'Opération Chariot: les renseignements précis sont fort utiles dans la
préparation de " The Raid " comme disent les spécialistes
d'Outre-Manche. Le 5 mai 1946, il reçoit le Certificat of Service signé
du Maréchal Bernard Montgomery pour son action au service des alliés.
Françoise
Morvan et dès 1985, Bertrand Frelaut dans son livre Les nationalistes
bretons de 1939 à 1945, relève qu'il fournit des illustrations et des
articles au journal collaborationiste l'Heure Bretonne, signés de son
nom ou de son pseudonyme Halgan. . Il était d'ailleurs fréquent que des
résistants travaillent dans la presse collaboratrice, comme
"couverture": afin de dissimuler leurs activités souterraines:
l'exemple le plus connu est celui de Robert Desnos, déporté à Terezin,
et journaliste à "Aujourd'hui".
Après la Seconde
Guerre mondiale
Après
la Seconde Guerre mondiale, il est l'un des successeurs de Yann Sohier
à la présidence d'Ar Falz. En 1949, il intègre le CNRS et y mène des
recherches ethnologiques sur les costumes des paysans bretons et est
envoyé en mission à Naples et en Sicile.
En fin de carrière, il
est chargé de réorganiser les musées d'ethnologie de Rennes (Musée
de Bretagne) et de
Quimper (Musée breton) et finit sa carrière à la direction
du Musée de Saint-Brieuc (Musée d'Histoire).
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